Nouvelles d'août 2012 - Rendez-vous de septembre 2012

Notre nouvel épisode :

Culturisme

Résumé des épisodes précédents :

Parce que j’y ai lancé des boulettes, appris le latin et collé des chewing-gums sous le bureau pendant quelques années et parce qu’il fut, un temps, question de le fermer, j’ai déjà consacré une chronique au collège Pasteur. C’était il y a quelques mois et je n’imaginais pas, alors, que bientôt je me retrouverais presque en pèlerinage dans mon ancien collège.

C’était, en juin dernier, une bien belle journée de retrouvailles ! On ne s’était jamais vraiment perdu de vue, Marc et moi. Notre amitié remonte à l’enfance mais on a quand même laissé passer des mois, voire des années, sans la moindre rencontre. La faute sans doute à nos vies de nomades (surtout la sienne). Quant à Agnès on l’avait quittée au sortir du lycée, jeune fille brune et fluette extraordinairement joyeuse, gentille et attentive aux autres... On la retrouve inchangée après presque quarante années dont la moitié au CICR, consacrée à récupérer des blessés sur tous les champs de batailles de la planète... On avait une amie héroïne de roman et on ne le savait pas !
Plus tard, dans la soirée on a rencontré, par hasard, Dominique à une terrasse puis on a appelé Fred revenu en Touraine depuis peu. On a eu moins de mal à se reconnaître qu’à se séparer, plus tard : à 3h du matin, du côté de la place Plum’...
Mais, pour l’heure, c’est la fin d’après-midi, Agnès nous a donné rendez-vous en face de la maison d’arrêt de Tours où elle est maintenant visiteuse de prison (on ne se refait pas). C’est alors qu’on réalise que le quartier du Sanitas est tout près : il suffit de traverser l’avenue de Grammont et on se retrouve au collège. Même pas besoin d’escalader le portail (on l’aurait fait), il est ouvert ! La porte d’entrée du bâtiment l’est aussi (en raison d’un conseil de classe tardif nous expliquera-t-on), et nous voilà déambulant dans les couloirs. Le collège n’a pas changé : impeccablement repeint, aseptisé, sans aucune patine... Alors le souvenir s’accroche à des détails dérisoires : le mot « infirmerie », par exemple, sur la porte. N’est-ce pas le même lettrage, la même police un peu ronde avec des pleins et des déliés ? On fait des photos : Agnès au bras de l’un, au bras de l’autre. Dans la cage d’escalier, devant la sculpture un peu ridicule de l’entrée (on l’appelait « le téléphone »)... On est dans la cour de récré et une dame s’approche de nous, elle est un peu intriguée, elle doit nous trouver trop joyeux pour des parents d’élèves (peut-être un peu âgés aussi). On lui confie nos portables, à charge pour elle de nous faire figurer tous les trois sur la même photo et on lui explique qu’on est des anciens élèves. Les premiers élèves ! « Notre promotion est la première, Madame... » On avait onze ans, c’était en septembre. Quelques mois plus tôt, on avait eu droit à des vacances impromptues et on avait vu nos parents stocker du sucre, des pâtes et du savon... Le collège était flambant neuf et l’équipe pédagogique aussi. Les jeunes enseignants avaient hâte de promouvoir des méthodes modernes voire révolutionnaires... Et on a fait notre miel de toute cette énergie, cet enthousiasme... C’est au collège que j’ai découvert le théâtre (Bernard Campan aussi, d’un an plus jeune, et qui a fait une carrière bien plus prestigieuse). Fred et Dominique respectivement photographe d’art et vidéaste ont fait leurs premières armes dans le labo du collège. Tout en respectant le programme scolaire, on nous initiait aussi à la vannerie, aux émaux, à la danse, à la cuisine, au journalisme... La dame travaille depuis longtemps dans l’établissement et certains noms de professeurs lui disent quelque chose mais quand on lui parle de four à émail ou de vannerie, ses yeux s’arrondissent : « Ah non Monsieur, on n'a plus ça ici, ça fait longtemps. Je peux même dire que j’ai pas connu... » C’est alors que Marc désigne la porte d’une salle au milieu du préau. Marc est passionné de littérature, il écrit et édite des poèmes, il défend des auteurs, il vient d’achever l’organisation d’une grande exposition sur Victor Ségalen, il est actuellement directeur de la médiathèque Française de Pékin. « Derrière cette porte, là... c’est toujours la bibliothèque ? » - « Ah non Monsieur. Les livres, ils sont stockés ailleurs. Ici, maintenant, c’est la salle de musculation. »

C’est bientôt la rentrée et je pense à tous ces gamins du voisinage, de ces quartiers dits « sensibles », qui vont prendre notre place au collège. Je pense à tout ce qu’ils n’y découvriront pas et ce qu’une séance de « gonflette » ne remplacera jamais.

C’est aussi la rentrée pour le théâtre de la Fronde : le samedi 15 septembre à 19h puis le vendredi 28 septembre à 20h30 nous jouerons « La corde sensible » respectivement au Château du Grand Bouchet sur la commune de Ballan-Miré (37), réservation au 02 47 73 83 54, et à la Corroirie du Liget sur la commune de Chemillé-sur-Indrois (37), réservation au 06 50 02 93 63. « La corde sensible » n’est pas une toute nouvelle création : le spectacle aura bientôt un an, nous l’appelions « Nouvelles de mon cru », je trouve que ce nouveau titre est plus joli et qu’il correspond mieux au contenu.
Au théâtre de la Huchette, il n’y a pas de rentrée puisque Ionesco y est joué sans interruption depuis 55 ans. J’y retrouverai Catherine Day et Hélène Hardouin pour une série de représentations de « La Leçon » du 18 au 22 septembre, à 20h, réservation au 01 43 26 38 99.

Entre deux cachets et trois répétitions, Jean-Marie Sirgue aura-t-il le temps de faire découvrir la Loire à bord de « La Fauraine », jolie gabarre au mouillage à Rochecorbon ?
La lecture publique de
« Capitaine Le Jan » le 8 octobre à 14h30 au théâtre de la Huchette sera-t-elle l’évènement culturel de la rentrée ?
Y aura-t-il suffisamment de miel dans les ruches pour passer l’hiver ?

Les huissiers les pourchassent ! Le succès les guette !
- Nos amis s’en sortiront-ils ?
- Bien sûr !
- Mais comment ?

Vous le saurez bientôt, en lisant « Les nouvelles de septembre » !
Vous en saurez un peu plus en surfant sur notre site : http//www.theatredelafronde.com