Nouvelles de juin 2011 - Rendez-vous de juillet (et début août) 2011

Notre nouvel épisode :

Écran tactile

Résumé des épisodes précédents :

Il y avait là la fine fleur de la Comédie Italienne des années 70 : Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, Nino Manfredi (je crois) ainsi que... Philippe Noiret. Le film s’appelait
« Mes chers amis ». Je n’en garde qu’un souvenir confus sauf pour une scène extraordinaire de drôlerie : quatre solides quinquagénaires (campés par les comédiens cités plus haut) se tenaient en embuscade sur un quai de gare. Le train partait, les voyageurs se penchaient par-dessus la vitre baissée pour un signe d’adieu à leurs amis restés à quai. C’est alors que les quatre se précipitaient, ils bondissaient et donnaient des claques aux voyageurs. Le train continuait d’avancer : tous les voyageurs penchés de tous les wagons étaient giflés ! C’était un ravissement de voir ces gros bonshommes s’élever avec une grâce de basketteurs pour... donner des baffes. Je riais comme un gosse devant un numéro de clown. J’avais hâte d’attraper la cinquantaine pour pouvoir, à mon tour, être pris au sérieux et en profiter pour faire des farces de potache... Je n’étais pas bien malin : j’aurais pu m’aviser que les farces sont souvent moins drôles dans la vie qu’au cinéma. J’aurai pu, aussi, me douter que si on est pris au sérieux à cinquante ans plutôt qu’à vingt c’est précisément parce qu’on l’est devenu : on est moins turbulent, on a moins de goût pour les farces... J’aurais pu me douter de tout cela. Peut-être, même, aurais-je pu prévoir que bientôt les wagons seraient climatisés.

Je m’installe, côté couloir, un jeune homme est déjà assis près de la fenêtre et une jeune fille est debout, sur le quai, de l’autre côté de la vitre, à moins d’un mètre du jeune homme. C’est une jeune fille maigre avec des yeux immenses qui lui mangent le visage. Elle le fixe intensément et il y a de l’amour dans ces ceux-là. Le jeune homme ne la voit pas, il est penché en avant, concentré sur l’écran tactile de son téléphone portable et il pianote frénétiquement sur le clavier virtuel. Enfin le jeune homme se redresse, il se tourne vers elle mais c’est alors la jeune fille, penchée sur son téléphone, qui ne voit rien : elle lit le SMS du jeune homme. Elle se redresse à son tour, à peine ont-ils le temps de se sourire, le train s’ébranle et elle disparait... Le jeune homme reste prostré devant son petit écran, il ne pianote plus, il s’absorbe dans la vision d’un film... Je me plais à imaginer qu’il s’agit, peut-être, d’une comédie italienne des années 70 ? Rien n’est moins sûr... Je ferais mieux de me concentrer sur mon travail. Dans deux heures je serai au théâtre de la Huchette et, puisqu’il est question « d’Italienne », peut-être serait-il temps d’en faire une ?... (En argot du spectacle, « faire une italienne » c’est : dire son texte à toute vitesse, avant l’entrée en scène, de façon à pouvoir jouer sans avoir à faire d’effort de mémoire).

Pas de voyage en train, au cours des prochaines semaines, mais du camion, jusqu’en Avignon, puis de la bicyclette, intra-muros, pour aller du « Grand Pavois » à « l’Épouvantail ». Dans ce premier théâtre, au 13 rue de la Bouquerie, je donnerai « Rhinocéros » (la nouvelle) de Ionesco, réservation au 06 65 61 11 74. Dans le deuxième, 3 rue du Râteau, nous jouerons en alternance « Les Konkasseurs de Kakao » (jours pairs) et « Les trous dans la couverture » (jours impairs), réservation au 06 25 16 74 51, et ce, du 8 au 31 juillet.

Le voyage se poursuivra ensuite jusqu’à Monaco pour une représentation de « Rhinocéros » au Fort Antoine le lundi 8 août à 21h30, réservation au 03 77 98 98 03. Retour en Touraine le jeudi 11 août à 21h« Les nouvelles de mon cru » seront, de nouveau, données devant le castelet du parc littéraire de la Tour à Saint-Cyr, réservation auprès de la compagnie Mariska au 02 47 32 95 85.

Dans quel état nos amis reviendront-ils de leur marathon estival ?
Une jeune et talentueuse violoncelliste rejoindra-t-elle la compagnie, à la rentrée, pour apporter aux
« Nouvelles de mon cru » un écrin musical ?
Savez-vous que l’ensemble de nos chroniques apparaît, désormais, en archive sur le site de la compagnie ?
Y avez-vous découvert notre nouvelle rubrique « La photo du mois » ?

Le succès les guette, les huissiers les pourchassent !
- Nos amis s’en sortiront-ils ?
- Bien sûr !
- Mais comment ?

Vous le saurez bientôt, en lisant « Les nouvelles de juillet » !
Vous en saurez un peu plus en surfant sur notre site : http//www.theatredelafronde.com

Et beaucoup plus en venant assister à l’une ou l'autre de nos cinquante prochaines représentations estivales.