Nouvelles de juin 2010 - Rendez-vous de juillet 2010

Notre nouvel épisode :

Pasteur

Résumé des épisodes précédents :

Il y avait plein de bonnes raisons pour décider de le fermer. C’était le plus mauvais collège de la ville. Les élèves seront désormais répartis dans d’autres établissements. Ils y seront beaucoup mieux. Ca créera de la mixité sociale. Les locaux seront rasés ou reconvertis, ça fera du bien au quartier du Sanitas... Plein de bonnes raisons de se réjouir donc... Mais moi, « Pasteur », c’était mon collège.

Quand je dis « mon »... Il y aura bientôt quarante ans que je n’y ai pas fichu les pieds, et je n’y aurai collé des chewing-gums sous les tables que pendant quatre petites années scolaires. C’était à la charnière des années soixante et soixante-dix. Eva Joly parle crânement de cette période : « Je ne participerai jamais au grand mépris des seventies. Il est de bon ton aujourd’hui de les piétiner, de les accuser de tout... Je sais les déconvenues, l’inertie de l’ordre social, la fracture du monde malgré les bourgeons de la révolte. Le souffle s’est éteint. L’homme n’est pas à la hauteur de ses rêves, mais le rêve était beau. Il m’a en partie construite. » Eh bien moi, c’est le collège Pasteur qui m’a, en partie, construit. J’ai écrit dans une précédente lettre que j’y avais appris à danser le rock’n roll... Il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt, on y apprenait, plus classiquement et aussi bien qu’ailleurs, le français, l’histoire et les mathématiques... C’est là que j’ai fait du théâtre pour la première fois... Nous avions des blouses obligatoires (roses pour les unes, grises pour les uns) et c’était un peu ridicule, mais nous n’avions pas de casiers métalliques individuels avec cadenas pour protéger nos cartables. En ces temps reculés, l’école n’apprenait pas encore aux collégiens à se méfier de leurs voisins...
Je me souviens aussi des locomotives. La voie ferrée Tours/Le Mans longe le collège et, pendant toute mon année de 3ème, on voyait passer les locomotives à vapeur toute pimpantes et enguirlandées de fleurs sous leur panache de fumée blanche, elles avaient l’air de jeunes mariées... En fait, c’était leur dernier voyage : elles allaient à la casse.
Aujourd’hui c’est le collège Pasteur qui part à la casse. Il faudrait s’en réjouir ?
J’aurais plus volontiers le cœur à la fête, dès lundi 5 juillet à Vierzon avec mes copains de la compagnie Interligne, le guitariste Roland Dyens et l’ami Gilles Magréau du théâtre Mac-Nab, dans le cadre des « Estivales du Canal », nous donnerons à 20h un extrait de nos « Konkasseurs de Kakao », réservation au 02 48 53 02 67. Nous irons ensuite, en touristes, voir jouer les autres (et en particulier, la compagnie Escale et son spectacle « Est Ouest ») au festival d’Avignon. Au festival de Sarlat, le 18 juillet à 21h, nous ne serons plus touristes mais bel et bien, de nouveau, « Konkasseurs de Kakao », réservation au 05 53 31 10 83.

Le succès les guette, les huissiers les pourchassent !
- Nos amis s’en sortiront-ils ?
- Bien sûr !
- Mais comment ?

Vous le saurez bientôt, en lisant « Les nouvelles de juillet » !

Vous en saurez un peu plus en visitant notre site : www.theatredelafronde.com et beaucoup plus en venant nous voir !