Nouvelles de mars 2009- Rendez-vous de xx 20xx

Notre nouvel épisode :

Un camion nommé « MENUISERIE »
II. Le retour du retour

Résumé des épisodes précédents :

On avait laissé le camion « MENUISERIE » dans un garage de la porte d’Italie en décembre 2008 et on commençait à désespérer de le sortir de là... C’était compter sans Super Kerim.

Super Kerim est aujourd’hui le digne gendre de Super Serge (Serge Rigolet, accordéoniste et Konkasseur de Kakao), il fut aussi le CPE (Conseiller Principal d’Éducation) le plus redouté et le plus apprécié de tout le Neuf-Trois... Mais Kerim est, avant tout, le fils de M. Bel Hadj, et c’est son père qui lui a fait connaître, enfant, toutes les casses de la Sarthe, de la Touraine et du Vendômois. C’est dire si cette camionnette en perdition dans un garage parisien est un défi à sa mesure.

Support de commande de boite de vitesse - J5 - année 90. L’affaire n’est pas simple.

Recherche sur internet : vaine.

Première tournée des casses : bredouille.

Il faut donc gagner du temps et, pour stopper l’hémorragie de frais de gardiennage, rapatrier, dans l’urgence, le véhicule jusqu’à Vendôme. L’opération est prévue dans la nuit du 5 au 6 mars, entre deux représentations de « Rhinocéros ».

On se retrouve à la sortie du Poche Montparnasse, à 20h, mais pas question de parcourir, à une heure de pointe, l’agglomération Parisienne avec un convoi constitué d’un vieux C25, d’une barre de fer et d’un vieux J5 surélevé et rallongé (d’autant que ce type de remorquage n’est pas vraiment autorisé, il est tout juste toléré sur une distance maximum de 30 km). On passe donc une paire d’heures dans un café avec des ex-collègues de Kerim, enseignants dans son ancien collège d’Aulnay-Sous-Bois, et Saadia, son amie d’enfance. Inévitablement la conversation s’oriente vers les problèmes de voitures. Fort de mes innombrables tournées (dans des véhicules approximatifs) je crois pouvoir en remontrer à ces jeunes trentenaires... Mais j’écoute Saadia : elle parle de ses voyages d’enfance vers Casa, elle parle du C25 chargé jusqu’au plafonnier avec la remorque en prime, de la traversée de nuit pour éviter la pesée à la frontière. De l’Espagne, ensuite, ses routes cabossées (à l’époque), le soleil, les insultes racistes (« macacos »), les toilettes des stations-services systématiquement fermées aux voyageurs maghrébins. Elle parle de son père capable de rouler un jour et une nuit sans fermer l’œil, elle parle de sa terreur, à elle, devant ce père qu’elle voyait lutter contre le sommeil. De sa fierté quand, elle aussi, à vingt ans, pour la première fois, a été admise à conduire jusqu’à Casa... Saadia est, aujourd’hui, une jolie parisienne « branchée » (fan de vélib'), et elle nous explique que pour elle, un homme, c’est d’abord quelqu’un qui est capable de dépanner son camion avec trois bouts de ficelles et un tendeur... Je ne connais pas le père de Saadia mais je crois qu’il peut être fier de ce qu’il a transmis à sa fille...

Et je suis plutôt rassuré d’avoir avec moi le fils de M. Bel Hadj quand notre convoi gagne le périphérique. Nous nous plaçons sous la triple protection d'Allah (qui est grand), de Saint Christophe (qui ne l’est pas moins) et de Saint Lethearman (qui est fort utile), la pince multifonction « Lethearman » est l’outil fétiche de tous les régisseurs techniques, elle se révèlera précieuse, dès les premiers kilomètres, pour régler un problème d’embrayage et à plusieurs reprises pour réparer l’attelage.

Le petit C25 a donc tracté le gros J5. Mon rôle a été modeste, tout au long de ce périple, Kerim conduisait le C25, je devais seulement actionner le frein à main du J5 pour éviter que le convoi ne quitte la route. Il l’a quitté, d’ailleurs, à deux reprises, mais sans gravité, la deuxième fois, il était quatre heure du matin, nous étions à Vendôme, le convoi s’est mis en travers d’un rond-point. Il a fallu enlever puis remettre la barre de traction pour désolidariser et dégager nos véhicules. La manœuvre nous a paru longue mais, à cette heure, il n’y a pas beaucoup de circulation, les gendarmes qui sont intervenus n’ont pas voulu nous déranger : ils ont vérifié la validité des contrôles techniques puis ont assuré notre protection avec leur gyrophare.

Une très courte nuit s’est ensuivie dans l’appartement de la mère de Kerim et la galère a repris dès le lendemain matin : aujourd’hui les deux véhicules sont en panne à Vendôme.

Mais le soir même, je donnais, de nouveau, « Rhinocéros ». Le succès semble vouloir se confirmer au Poche. La salle est quasiment pleine et nous avons accueilli Mme et M. Toubon (ex-ministre de la culture).

Le cycle de nos représentations parisiennes va être perturbé à la mi-mars : je jouerai bien « Rhinocéros » le jeudi 12 à 19h, mais le vendredi 13 à 18h je participerai à une animation poétique avec Anne Lascombes à la bibliothèque de Tours, nous lirons et dirons des œuvres de André Stagnaro (et quelques autres). Le samedi 14 à 20h30, nous jouerons « Les Trous dans la couverture » à la Grange de Saint-Agil (41), téléphone : 02 54 89 81 52, et le dimanche 15 à 16h30 « Les Konkasseurs de Kakao » à Rigny-Ussé (37), téléphone : 02 47 73 24 74. Les 19, 20, 21, puis 26, 27, 28, les représentations de « Rhinocéros » se poursuivront au Poche à 19h (avec une matinée supplémentaire le 26 à 15h), téléphone : 01 45 48 92 97.

Et le dimanche 22 mars à 15h, c’est à la salle des fêtes de Marcay (37) que nous « Konkasserons du Kakao ».

Nous ne sommes pas encore en avril et à chaque mois suffit son plaisir, mais sachez pourtant que le 4 avril à 20h30, l’association NACEL accueillera à la salle des Fêtes de Chédigny le très beau spectacle « A la maison » écrit par Alain Lahaye et interprété par Catherine Salviat, sociétaire de la comédie française, téléphone : 02 47 92 22 26.

La saga du camion nommé « MENUISERIE » va-t-elle se poursuivre ?
Le succès de la semaine dernière va-t-il se prolonger ?
Aurons-nous d’autres célébrités parmi nos spectateurs d’un soir ?
Aurons-nous des subventions pour notre prochaine création ? Pour aller à Avignon ?

Le succès les guette, les huissiers les pourchassent !
- Nos amis s’en sortiront-ils ?
- Bien sûr !
- Mais comment ?

Vous le saurez bientôt, en lisant « Les nouvelles de mars » !

Vous en saurez un peu plus en visitant notre site (si on arrive à régler un problème d’hébergeur) et beaucoup plus en venant nous voir !

... À suivre